Né en 1942, fils et petit-fils de peintre, Jacques Perrodin est autodidacte. Il se rattache à la tradition des paysagistes et portraitistes avec une prédilection pour ceux des origines de la peinture à l'huile en occident. Mais il travaille aussi beaucoup sur le motif en plein air ou devant un modèle. Il a opéré avec un appareil photo dans Lyon ou sur des lieux industriels anciens puis avec des pastels dans des villes européennes ou au bord des mers et des fleuves. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de photos sur Lyon. Il montre son travail à Genève (Palais des Nations, Villa Dutoit), Lyon, Bordeaux et Paris.
A propos de l'exposition de Juin 2009 à la galerie Saint-Charles
PARADIS ROUGES
Il y eut un temps où l'image du Paradis était en relation directe avec le sacré, telles les icônes reflétant le miroir des anges, la foi ardente et agenouillée des prieurs devant les saints.
Jacques PERRODIN hérite de cette histoire. Sa palette la revisite en créant de vastes et infinis paysages veloutés et bleutés, pressés par une matière légère, précise et onctueuse.
On ressent même l'odeur des symboles montrés. C'est à un couple de femme que les pommes sont prêtes à s'offrir.
Les buissons ne cachent ni satyres, ni animaux fabuleux, mais des couples nus et indépendants depuis des millénaires.
Hors mythologie, hors morale, hors espace, hors temps, ces impalpables veilleurs nous invitent à suivre leur soleil rouge.
ICONES EN CHARIVARI
La « Fenêtre sur l'absolu » qui manifeste la beauté du monde spirituel, garde là aussi certains symboles telles que la lumière et l'importance des couleurs, la perspective quasi absente ou le refus de la profondeur, l'étroite correspondance soulignée entre la vue, le signe et la parole.
Mais un basculement s'opère dans les icônes de Jacques PERRODIN, les hommes et leurs dogmes s'y retrouvent en force. Les femmes n'évoluent plus , leurs robes saignent des couleurs violettes, dans des quadrilatères remplis de couleurs dégradées.
Blondes, brunes, rousses, souvent désirables, elles se retrouvent nues et prient à genoux.
Soudain, elles tentent d'échapper aux couteaux, aux alliances et à la solitude des baraques foraines.
La tête nous explose
On pense à la peinture de ROTHKO, à toutes ces figures humaines, qui sans l'aide des trois grâces risquent de se suicider.
Il leur faut à tout prix, retrouver l'icône de la nativité.
Se serait-elle réfugiée dans les paradis rouges de Jacques PERRODIN?
Pascal FOMBONNE
A partir du 12 Juin 2009 - Galerie Saint-Charles - 17 rue des Remparts d'Ainay 69002 LYON
Sur les pastels...
D'un geste rapide, Jacques Perrodin croque les paysages qu'ils soient urbains ou industriels. Grâce à cette rapidité d'éxécution, il donne à ses dessins force et intensité dans un souci de faire entrevoir au spectateur la brièveté de l'instant présent. Ses pastels sont un travail sur le motif qui privilégie couleur et mouvement dans une optique expressionniste.